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EN FRANCE, TRENTE ANS DE RAPPORTS SUR LE MORMONISME

Malheureusement, le mormonisme est sujet à controverses alors qu’en France, de nombreux rapports, depuis 30 ans, lui sont plutôt très favorables (1) même si la veille de l’UNADFI (Union Nationale des Associations de Défense des Familles et des Individus) reste très active (2).


1)      Des rapports très favorables

a-      Dès 1995, un premier rapport parlementaire étudie les mormons de France mais ces derniers ne figurent pas dans la liste des sectes. Ils sont cités parmi les mouvements spirituels dont le « rôle peut même être, parfois, considéré comme très positif ». 

En 1999, le rapport parlementaire, relatif à la situation financière des mouvements supposés sectaires, ne mentionne plus du tout les mormons.

 

b-     En 2000, en l'absence de plaintes de fidèles, la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes (MILS) estime que les mormons constituent « un groupe religieux qui ne pose pas de problèmes en France ».

  En 2001, dans un autre rapport, la MILS a estimé « que (…), compte tenu de la définition du caractère sectaire d'une association par l'examen exclusif de son comportement au regard des droits de l'Homme et de l'Ordre public, (…) le mormonisme ne devait pas être considéré, en France, comme une secte ».

 

c-   En 2002, Jean Vernette, secrétaire national de l’épiscopat français pour l’étude des secteurs et des nouveaux mouvements religieux pour l’Eglise catholique de France, soutient que « Le terme de secte ne peut leur être appliqué. Les mormons ne sont pas violents ; ils n'exercent pas de pressions sur leurs membres, comme le font habituellement les sectes. Leur doctrine diffère de l'enseignement catholique. Ainsi, pour les mormons, Dieu le Père, Jésus-Christ et le Saint-Esprit sont trois entités différentes. Pour eux, la faute originelle n'existe pas. C'est pourquoi ils ne participent pas au dialogue œcuménique ».

 

d-      En 2006, le Centre Contre les Manipulations Mentales (CCMM) relève leur « prosélytisme missionnaire constant », leur mode de vie « rigoriste, très familial, peu ouvert aux non-mormons » et leur « considérable puissance médiatique, politique, universitaire, industrielle ». Cependant, le CCMM considère que « débarrassée de principes inacceptables comme la polygamie, cette confession a évolué peu à peu en un mouvement qui, se débarrassant des aspects contestables de son idéologie et de ses pratiques, se transforme peu à peu en une confession socialement acceptable (dénommée alors religion) ».

 

e-      En 2006, la MIVILUDES (Mission Interministérielle de VIgilance et de LUttes contre les DErives Sectaires) a déclaré que « Les mormons ne constituent pas une secte car il y a bien une absence de pressions en cas de volonté de quitter l'Église mormone ». Dans son rapport de la même année 2006, la MIVILUDES fait cependant état de sa préoccupation vis-à-vis de la société « Calvin Thomas », spécialisée dans l'organisation de séjours linguistiques à l'étranger, « en raison de placement des enfants dans des familles d'obédience mormone. Le dossier de cette société, non agréée jeunesse et éducation populaire et non inscrite au registre du tourisme, fait l'objet d'une enquête ».

 

f-       En 2012, Odon Vallet, un spécialiste français des religions, affirme que « Les mormons ne sont pas une secte ».

 

g-      En 2013, Georges Fenech, Député et ancien Président de la MIVILUDES, soutient « En France, le mormonisme n’est plus une secte depuis longtemps. Ils ne pratiquent plus la polygamie depuis le xixe siècle ».

 

h-      En 2021, le mormonisme n’est pas mentionné dans le dernier rapport d’activités de la MIVILUDES dont nous avons eu connaissance.

 

2)      La veille très active de l’UNADFI

a-      Par contre, l’UNADFI est la seule a dénoncé le mouvement de secte en raison du rôle de la femme qu'elle juge subalterne et de l'enseignement religieux des enfants qu'elle qualifie d'endoctrinement. Dans l’un de ses périodiques « Bulles », l'UNADFI certifie être « régulièrement contactée par des familles ou des personnes confrontées à des situations conflictuelles et douloureuses du fait de l'appartenance d'un de leurs proches à ce mouvement ». Il y est reproché « les méthodes d’évangélisation, le détachement progressif du fidèle de son entourage, la place accordée aux femmes, le manque de liberté de pensée et l'enseignement des enfants que l'association considère comme endoctrinement ».

Par ailleurs, sur son site internet, l'association relaie, dans sa rubrique « actualités », au moteur de recherche « mormons », tout ce qui est publié sur le mormonisme sous l’angle négatif. Il y est déclaré qu’ « Il s'agit d'un mouvement à déviance sectaire. C'est une communauté qui vit en vase clos, où la place de la femme est réduite à néant. L'enseignement religieux pour les enfants est tellement important qu'ils n'ont pas de temps à consacrer à autre chose. C'est un fonctionnement très limite ». 

 

b-      Mais, certaines antennes départementales de l'UNADFI s’expriment aussi sur les mormons, donnant parfois des avis bien différents :

·       ADFI 37 : Chez les mormons, « Le contrôle social est important, il y a beaucoup de suspicion mutuelle parmi les membres de l'Église, qui sont un peu en rupture avec l'extérieur ». 

·       ADFI 59-62 : Lors des travaux de la commission parlementaire de 2006 sur l'influence des sectes sur les mineurs, il a été déclaré : « Je connais les mormons. L'ADFI a reçu des familles qui y avaient adhéré et se livraient à des agissements sectaires », ajoutant : « Une famille m'a annoncé qu'elle s'était retrouvée chez les mormons : ils avaient appâté le gamin avec des cours d'anglais gratuits et, peu à peu, on leur a proposé d'aller voir le culte et ils s'étaient laissé séduire ». Les cours d'anglais proposés constitueraient une « technique de recrutement déguisé de nouveaux adeptes ». Il était jugé que « Le risque est grand que la généalogie ne devienne un instrument majeur de prosélytisme des mormons ». 

·       ADFI 78 : il est souligné plusieurs problèmes en rapport avec les mormons, notamment l'« atteinte à la liberté de penser », le « contrôle de la vie privée de ses membres », la « difficulté à se poser des questions et à quitter le mouvement sans être culpabilisé », le « prosélytisme », le « baptême des morts », les « exigences financières très importantes » dont l’acquittement de la dîme est indispensable pour accéder au temple et les « séquelles psychologiques » générées chez les ex-membres.

PAR CONTRE

·       ADFI Midi-Pyrénées : il y est affirmé que « Toutes les ADFI de France ne sont pas d'accord sur le sujet. Tout dépend des dossiers auxquelles elles sont confrontées. En Midi-Pyrénées, ils ne nous préoccupent pas et nous ne les considérons pas comme un mouvement sectaire ».

·       ADFI Hérault (34) : il y est expliqué : « Dans leur fonctionnement et dans leur manière de vivre leur foi, je les assimilerais à certains protestants. Je ne crois pas que les mormons coupent leurs adhérents du reste du monde. En tous cas, dans la région, ils n’ont jamais fait parler d'eux ». 

*

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En conclusion, les Mormons Fondamentalistes Indépendants (MFI) de France ne font pas du tout parler d’eux. Il est vrai que certaines dérives sectaires condamnables de certains frères américains ne sont pas du tout les leurs. En aucun cas, les MFI de France ne sont dans des comportements obscurs, malsains, néfastes, pénalement répréhensibles, ni même dans des relations brimant les libertés individuelles, manipulant mentalement leurs adeptes, s’appropriant leurs biens. Ils ne sont pas une menace pour la Société, ni pour l’Ordre public. Nous avons là encore le plus regrettable des exemples d’hétérogénéité des pratiques mormones fondamentalistes. A cet égard, nous sommes fiers d’être indépendants. Amen !

Frère Yves 12 juin 2024

 

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