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DIFFICILE DEFENSE DE LA LIBERTÉ RELIGIEUSE QUAND L'ORDRE PUBLIC, PENAL, EST AU COEUR DES PROCES...

  • 20 janv.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 janv.

Pour la première fois, dans le procès de la Famille Missionnaire de Notre-Dame en France, le père Bernard, supérieur de la communauté, a été entendu à la barre du tribunal judiciaire de Privas. La question des abus dans le mode de vie des pensionnaires de Saint-Pierre-de-Colombier a été discutée. Ces questions d'ordre public, pénal, priment sur la liberté religieuse.


1) "Abus de faiblesse"


Le procès pour "abus de faiblesse" contre cinq anciens membres de la Famille Missionnaire de Notre-Dame se tient sur le fond, depuis ce lundi 19 janvier 2026, au tribunal judiciaire de Privas en Ardèche. Après de nouvelles demandes de renvoi, refusées par le tribunal, le Père Bernard, supérieur de la communauté, a été entendu à la barre. Le président l'a notamment questionné sur le mode de vie des frères et sœurs au seins des murs de Saint-Pierre-de-Colombier.


2) "Je n'estime pas avoir eu d'emprise"


Les deux mains collées à la barre, le père Bernard, 75 ans, habillé de noir, les cheveux gris, la tête basse, nie la version des plaignants : "Je n'estime pas avoir eu d'emprise. Ceux qui voulaient partir étaient libres de le faire". Les affirmations du père font parfois réagir la salle. Dans l'audience, plusieurs familles ayant un de leur membres au sein de la communauté sont assises sur les bancs. Cinq des 160 membres actuels ont porté plainte contre leur ancienne communauté pour abus de faiblesse d'une personne vulnérable. Tous absents pour la première séance, les deux avocates de la partie civile, Maître Fraisse et Maître De Survilliers, dénoncent des menaces prononcées à l'encontre de leurs clients. Lu par le président du tribunal, le contenu de leurs dernières auditions décrit une communauté isolée, repliée sur elle-même. L'accès à l'information est réduit à une revue de presse écrite par le père supérieur. Un seul téléphone est disponible pour l'ensemble des membres, l'accès à internet est contrôlé et limité, certains courriers des frères et sœurs, victimes, semblent avoir été ouverts.


3) "Une mise en cause de la vie religieuse"


Pour Maître Triomphe, l'avocat de la défense, ces arguments ne sont pas recevables : "C'est un procès de la mise en cause de la vie religieuse. On demande à un tribunal laïc de s'immiscer dans la vie religieuse, de l'interpréter au regard des critère de la vie civile".


4) "Une problématique de dérive sectaire"


Le récit des plaignants, lu par le président de la juridiction, laisse aussi voir des traces de violences psychologiques. Il est difficile de sortir de la communauté. Un doute ou un comportement déviant est dénoncé et lié à la volonté du diable. L'une des victimes a déjà fait une tentative de suicide, un autre souffre de stress post-traumatique. "Il ne s'agit pas d'une mise en cause de la vie religieuse en France, mais bien du problème d'une dérive sectaire au sein d'une communauté", affirme Maître De Survilliers, avocate de la partie civile. Absents lors de la première journée, plusieurs plaignants doivent finalement venir témoigner en personne ce mercredi 21 janvier 2026. 19 témoins choisis par la défense seront également entendus à la barre.


En France, notamment, la liberté religieuse est toujours aussi difficile à plaider quand l'ordre public, pénal, est en cause... Amen !


Frère Yves 20 janvier 2026

 
 
 

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